Jeudi 31 mars 2005
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Cest une véritable campagne militaro-politique qui se dessine au fur et à mesure des sondages inquiétants qui font frissonner les plus europessimistes dentre nous. Quon se le dise la lutte est acharnée, le gouvernement sen mêle, la gauche, maladroite larme à la main se tire dans les pattes et Attac porte mieux que jamais son appellation agressive et plus que jamais stérile. Une campagne militaire se profile.
Avec la sur-médiatisation, lactualité européenne qui ne fut pas au beau fixe grâce à lami Frits et les fonds de campagne présidentielle anticipée, on a complètement perdu le file du débat, le traité établissant une constitution pour lEurope. Les citoyens se retrouvent cernés avec dun côté des bataillons de partisans du non, prêt à tout, même à détruire leur propre parti pour sauver lEurope du soi-disant cataclysme juridique et de lautre les partisans du Oui qui trop souvent senlisent dans des débats élitistes, une lutte de mots, certes nécessaire et très intéressante mais si envolée quon a du mal à se faire une idée. Je me fais là lécho de mon entourage en avouant que plus que jamais les gens sont perdus dans cette vaste campagne.
La propagande est en marche et en temps de guerre, plus de règles : la voix des militants socialistes est bafouée par les hautes sphères décisionnelles, Attac se lance dans une action à grande échelle et profite de la campagne pour faire sa publicité. Soyons honnêtes, ça fonctionne même si lorsquon creuse un peu, à part les photomontages, art dans lequel le collectif excelle, les arguments sont inexistants.
Ainsi, la campagne entame à deux mois de léchéance un tournant délicat et dangereux. Pourquoi est-ce que le Non progresse dans tous les sondages ? Parce que la campagne fourre-tout a débuté : les médias sintéressent davantage aux présidentiables, les partisans du Non profite de loccasion pour se faire de la publicité, pour se bâtir une renommée basée sur la contestation, si facile, deux ans avant les présidentielles et en cette sombre période sociale et puis les débordements. Le Non progresse parce que le Oui, et sans prendre laccent british officiel, se perd dans les réactions face au camp du Non.
Que faire ? Puisque la campagne sannonce militaire, élaborons clairement notre stratégie. Il faut avant tout reprendre lavantage par la contre-attaque. Le Oui sévertue à répondre aux critiques internes et externes, il doit passer à loffensive. En restant ainsi dans une logique de réaction, on passe à côté de laction. Le PS doit multiplier les actions en faveur du Oui en allant au-delà des éventuelles attaques du Non. Monsieur Dray veut remonter les bretelles dAttac pour mauvaise utilisation citoyenne de Photoshop. Très bien, mais laction socialiste ne doit pas se limiter à un constat des actions de campagne déplorables des partisans du Non.
Pour quelle soit efficace, loffensive du Oui doit avoir un goût nouveau, une saveur différente, une image rassurante. Puisque le Non joue sur les peurs, sur les scénarii catastrophes et les sombres raccourcis en exploitant la méfiance traditionnelle des citoyens envers les politiques et plus encore Bruxelles, il faut que le Oui mène une campagne ENTHOUSIASTE !!! En ces beaux jours de printemps, le Oui doit être le camp de la confiance en lavenir. Les partisans du Oui doivent défendre une Europe davenir, de stabilité, de paix, dégalité, de justice et de prospérité. Le citoyen se perd dans les débats, sachons le resituer à travers de nouvelles formes de communication. Apportons du ludisme à la connaissance, de la légèreté aux sujets les plus sérieux, du concret aux plus pessimistes. Il est toujours plus aisé dêtre dans la contestation. Les militants du Parti Socialiste ont refusé de lêtre pour cette campagne, donnons nous les moyens de ne plus le rester et de faire campagne les mains libres et la conscience tranquille.
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