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Dimanche 20 février 2005
Entre violation de dossiers confidentiels et rumeurs de trafic, la valise diplomatique fait la part belle aux fantasmes. Chronique d’un système postal original qui reste aujourd’hui encore très tabou.
 
Chaque État, chaque organisation internationale, possède une valise diplomatique attitrée. Aussi usuel soit cet instrument de pouvoir, il reste pourtant emprunt d’un voile de mystère rarement soulevé si ce n’est par bribes… et sous couvert d'anonymat. “La valise diplomatique n’est autre qu’un système d’acheminement un peu particulier du courrier et des documents dont ont besoin les missions diplomatiques à l’étranger”, explique un représentant du Quai d’Orsay. Car la valise diplomatique ne tient pas plus du bagage que de l’accessoire de trafic. C’est un réel outil de travail des pouvoirs publics, qui a perdu de sa signification politique avec le temps.

La valise tient son titre de la tradition : “Chaque pays à son appellation que personne n’a jamais songé à changer – comme le courrier de la Reine en Grande-Bretagne”, souligne le diplomate. “C’est une sorte d’appellation de marque.” Dans les faits, la valise diplomatique porte bien mal son nom. Comme le décrit Alain Plantey dans son ouvrage Principes de diplomatie, “il s’agit plutôt de sacs postaux, de petits coffres fermés par des combinaisons voire de véhicules entiers à condition qu’une marque extérieure et visible établisse leur caractère”.

Des courriers de cabinet à la valise
 
Si “elle ne s’est pas toujours appelée « valise diplomatique »”, elle “a toujours existé, car elle fait partie des besoins inhérents aux États”, explique le même représentant du Quai. Son aïeul, les “courriers de cabinet”, occupait déjà cette fonction en permettant d’acheminer “la dépêche de l’ambassadeur”. Autre constante, la violation des correspondances diplomatiques était et reste une infraction au droit international.

Car ouvrir la valise diplomatique peut revenir à violer des documents confidentiels. D’où l’utilité d’une régulation. D’abord coutumier, puis consacré par la convention de Vienne de 1961, le droit des transmissions diplomatiques, est précis : la valise diplomatique est inviolable et ne peut être ouverte par aucune autorité douanière. Un privilège au centre de toutes les controverses, car “rien n’empêche qu’on y glisse des choses illicites”, souligne Yves Daudet, professeur de droit international à la Sorbonne. La balance des intérêts des États n’est donc pas chose aisée : “Chacun en est arrivé à proposer sa solution. La Grande-Bretagne demande l’ouverture de la valise en présence de quelqu’un de l’ambassade concernée. Si l’ouverture est refusée, l’État d’accueil peut demander le retour de la valise. D’autres ont opté pour des procédés plus techniques, comme passer la valise au rayon X.”
C’est en partie cette réputation sulfureuse qui lie les langues quand on désire parler de la valise diplomatique. Éviter de nourrir le mythe populaire semble être le mot d’ordre et les témoignages sont difficiles à recueillir. Pour Michel Dechen, chef du groupe de la valise diplomatique des Nations unies, cette réaction est tout à fait compréhensible et n’a rien d’une spécificité française : “La confidentialité et la sécurité doivent toujours prévaloir, car la valise a un statut bien spécifique, inscrite dans des traités unilatéraux et multilatéraux. Cela peut expliquer bien des réticences.”

Ce secret explique tous les fantasmes autour de la valise diplomatique, qui reste avant tout un instrument de travail. En période de conflit comme en temps de paix, elle a permis de surmonter les interdits et blocages de certains régimes. “En 1870-71, certains courriers ont pu sortir de Paris assiégé par les Prussiens uniquement grâce à la valise diplomatique américaine”, explique François Guilbaud, président du cercle de philatélie Les amis de Marianne. Un phénomène qui s’est perpétué avec les années, la valise devenant parfois un instrument de première nécessité, comme en atteste un ancien diplomate : “Durant la Guerre froide, la valise était très importante dans les pays du bloc communiste, car elle permettait d’acheminer des médicaments qu’on ne trouvait pas en URSS.”

Instrument de confort ?
 
Mais l’avènement de nouvelles technologies, a privé la valise diplomatique de son intérêt. “Le secret politique qu’il y avait autour du courrier diplomatique n’est plus le même aujourd’hui. Avec le télégramme codé, le téléphone couvert et les rencontres de plus en plus fréquentes entre les chefs d’État, les décisions réellement importantes ne passent plus par la valise diplomatique. Elle n’est plus un réel moyen de communication politico-diplomatique”, explique cet ancien du Quai.
En réalité, la valise diplomatique est plutôt devenue un outil de confort pour les personnes qui en bénéficient. Pierre-Louis Blanc, ancien directeur de l’ENA et diplomate, l’illustre dans son autobiographie* : “Les valises diplomatiques qui partent de Tokyo contiennent les spécialités – alimentaires – rares qu’expédie notre consul général à Tokyo […] et quelques fourmes de fromages fabriquées dans l’Hokkaïdo par un couvent de bonnes sœurs françaises.” De là à parler d’utilisation personnelle de la valise diplomatique, le raccourci serait trop rapide, comme le rappelle le représentant du ministère des Affaires étrangères : “Tout usage privé est totalement interdit. La valise doit uniquement servir à l’envoi de choses servant à la bonne marche du poste et les denrées alimentaires le sont rarement.”

Reste que certains postes sont réputés, dans le milieu diplomatique, pour leur utilisation pour le moins détournée de la valise diplomatique : “La valise a toujours été utilisée par le personnel pour « importer » des bouteilles d’alcool dans les pays arabes où leur consommation est interdite. Jusqu’au moment où les autorités locales s’en sont aperçues et ont commencé à faire tomber les bouteilles de quatre ou cinq mètres de haut, au moment du déchargement pour qu’elles n’arrivent pas à bon port”, s’amuse l’ancien diplomate. À croire que le mystère de la valise diplomatique n'impressionne plus vraiment.
 
Par Jean-François T. - Publié dans : Culture
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Dimanche 20 février 2005
La campagne du "Oui socialiste" est lancée !!
 
Affiche de campagne... Servez-vous ;-) !
 
 
Par JF T. - Publié dans : Militantisme
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Jeudi 17 février 2005
A ne pas manquer sur France 2, ce soir à 20h50, Olivier Mazerolle recevra Dominique Strauss-Kahn, l'un des candidats possibles du PS à l'élection présidentielle.
 
 
Dominique Strauss-Kahn est chargé avec Martine Aubry et Jack Lang de l'élaboration du projet socialiste en vue des prochaines élections.
 
Il sera interviewé sur plusieurs thèmes :
Les politiques ont-ils encore un pouvoir de décision face à la mondialisation de l'économie?
L'Etat Providence à la française est-il encore possible?
Le prochain référendum sur la Constitution Européenne
La compétition au sein du PS pour les élections présidentielles.

Dominique Strauss-Kahn retrouvera sur le plateau plusieurs contradicteurs : Hervé Gaymard, Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie mis à la porte de son appartement, Jean-Pierre Chevènement, ancien candidat à l’élection présidentielle, partisan du non à la constitution européenne.
Il sera également interviewé par Dominique de Montvalon, rédacteur en chef du service politique au Parisien, Gilles Leclerc et Alain Duhamel de la rédaction de France 2.

 
Par JF T. - Publié dans : Informations
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Dimanche 13 février 2005
On ne parle que de ça... Que ce soit par ici ou par là, les journalistes n'ont qu'une idée en tête : trouver les candidats pour les présidentielles de 2007. On fouine, on asticote, on cherche, on demande, on interroge carrément et on hésite pas à spéculer un maximum.
 
Il faut dire que ça en vaut la chandelle, entre Sarkozy, le renard filou de l'UMP décoré par son ancien maître, Hollande qui se ballade, DSK qui dit OUI avec ses connaissances et notre président qui se laisse désiré comme il se doit : les journalistes ont de quoi tergiverser pendant des heures, faire trois articles et un reportage sur rien, du vent, des pseudo-hypothèses de source peu probable. Mais notre société se délecte de ces sondages, côtes de popularité et présages nostradamesques.
 
Et puis derrière le jeu des médias, il ne faut pas oublier celui des acteurs eux-mêmes. Ils aiment les effets de surprise, les annonces officielles entrecoupées de sournoises nouvelles discrètes et officeuses. Véritable jeu politique qui fait apparaître un goût prononcé de la part de l'opinion pour le suspense pompeux, tel celui qu'on ressent un soir de nominations à la Star Ac'.
 
Quoi qu'il en soit, il va falloir faire avec mais autant vous dire, pour mes futurs commentateurs que je ne m'en délecte guère. Je préfère causer des idées, des partis, des programmes pour 2007. Malheureusement, on reste bien silencieux à ce sujet...
 
Laissons les journalistes s'arracher les présidentiables et parlons de politique, la vraie...
Par JF T. - Publié dans : Reflexions
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Dimanche 13 février 2005
Traditionnellement, la grève est définie comme une cessation concertée du travail par des salariés, dans le but de défendre des revendications de nature professionnelle.
 
Jusqu'au XIXesiècle, non seulement la grève était interdite mais elle constituait en outre un délit pénalement sanctionné. Ce n'est que le 25 mai 1864 qu'une loi mit fin à cette pénalisation de la grève, sans toutefois lui donner sa pleine portée. En effet, selon cette loi, la grève constituait toujours une rupture du contrat de travail, et pouvait justifier un licenciement du salarié gréviste. Pourtant, malgré les risques encourus par les salariés, la grève a joué tout au long de la Troisième République un rôle majeur dans la vie politique et sociale (exemple : grève générale avec occupations d'usines en 1936, après la victoire du Front populaire).
 
Henri Cueco, La grève
 
Ce n'est qu'à la Libération que le droit de grève est pleinement consacré. Il est inscrit dans le préambule de la Constitution du 28 octobre 1946 : « Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Contrairement à ce que semblait annoncer ce texte, le législateur n'est pas intervenu pour encadrer le droit de grève, mais seulement pour l'interdire à certaines catégories de personnels. C'est le cas des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) par une loi de 1947, des personnels de police (loi de 1948) et des magistrats en vertu d'une ordonnance de 1958.
 
Sous la Cinquième République, le droit de grève est totalement reconnu (le préambule de la Constitution de 1958 fait référence au préambule du texte constitutionnel de 1946). Cependant, le législateur est intervenu en 1963 pour encadrer quelque peu ce droit. Sont ainsi interdites les grèves « tournantes », qui visent à paralyser l'action d'une entreprise. De même, dans la fonction publique, un syndicat souhaitant organiser une grève est contraint de déposer un préavis cinq jours au moins avant la cessation du travail. Par ailleurs, un service minimum a été mis en place dans certains secteurs.
 
Partiellement acquis en 1864, le droit de grève demeure aujourd'hui l'un des droits fondamentaux les plus controversés. Plusieurs raisons peuvent expliquer une telle situation. On note ainsi que l'exercice du droit de grève a souvent des répercussions sur une partie de la population étrangère au conflit justifiant l'emploi de ce mode de pression (par exemple, lors des grèves dans les transports publics). De plus, la grève est l'expression d'un rapport de forces. Elle vise à faire céder l'employeur - qui peut être une entreprise privée ou l'Etat - en lui faisant subir un manque-à-gagner économique ou un préjudice en lien avec sa mission (ainsi, s'agissant de l'Etat, l'interruption de la continuité du service public au détriment des usagers de ce service).
 
La grève demeure un rapport de forces qu'il est très difficile de canaliser juridiquement.
 
Toutefois, ces dernières années, le nombre de jours de grève a eu tendance à diminuer. Sans même parler des pics de jours de grève (plus de 150 millions de journées de travail perdues en 1968), la conflictualité sociale a perdu de sa vivacité, principalement en raison d'un chômage massif (peur de perdre son emploi, coût financier d'une grève...). Aujourd'hui, le débat porte plutôt sur une limitation du droit de grève, par l'instauration, dans le secteur public, d'un service public minimum généralisé.
Par Jean-François - Publié dans : Culture
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