Vendredi 25 février 2005
5
25
/02
/Fév
/2005
00:00

Il est parfois judicieux de fouiller dans ses cartons et de ressortir quelques textes. Voici donc le résumé du rapport établi par une table ronde présidée par Dominique Strauss-Kahn en Avril 2004. La table ronde devait forumlée 50 propositions sur le thème d' " Un projet durable pour l'Europe de demain " .
0. Une grande ambition pour les vingt prochaines années : construire lEurope politique.
Jusquici, lUnion européenne a progressé sur des bases qui ont été considérées par les peuples comme essentiellement techniques. Au sortir de la Seconde guerre mondiale, les mouvements fédéralistes européens nourrissaient lespoir de construire ab initio une Europe politique supranationale ; cet espoir se heurta à la réalité de nationalismes encore vivaces, qui conduisirent à léchec des « Etats généraux de lEurope » tenus à La Haye en 1948, puis à lenterrement du projet de Communauté européenne de défense en 1954. Le génie des « pères fondateurs » permit de sortir de limpasse politique en engageant, par la création des précurseurs de lactuelle Union européenne (CECA, CEE et Euratom) , la construction dune Europe supranationale mais présentée comme largement technique cest ce que lon a appelé la « méthode Monnet » :
(i) les compétences transférées au niveau européen devaient permettre dobtenir des « réalisations concrètes » dans le domaine économique. Si les droits de douane ou la politique de la concurrence ne sont certes pas dénués de contenu politique, latteinte à la souveraineté des Etats que leur communautarisation représentait était moindre que celle quaurait emportée, par exemple, une délégation de compétences en matière de défense nationale ;
(ii) les institutions à qui ces compétences ont été confiées (Haute Autorité de la CECA, Commission européenne de la CEE, Commission dEuratom) ont été conçues comme des exécutifs fonctionnant selon la « méthode communautaire » , cest-à-dire supranationaux mais dépourvus de légitimité démocratique directe : nétant pas élus, ces exécutifs nétaient pas porteurs de la souveraineté populaire qui restait détenue par les institutions nationales.
(ii) les institutions à qui ces compétences ont été confiées (Haute Autorité de la CECA, Commission européenne de la CEE, Commission dEuratom) ont été conçues comme des exécutifs fonctionnant selon la « méthode communautaire » , cest-à-dire supranationaux mais dépourvus de légitimité démocratique directe : nétant pas élus, ces exécutifs nétaient pas porteurs de la souveraineté populaire qui restait détenue par les institutions nationales.
La question dune avancée vers lEurope politique se pose à nouveau aujourdhui. Dabord, parce que les compétences confiées à lUnion se sont peu à peu renforcées (agriculture, harmonisation de la TVA, marché intérieur, euro
) et lui ont ainsi donné un poids politique croissant. Ensuite, parce que les attentes qui sont placées dans lUnion sont désormais clairement politiques : la prospérité économique, à travers le parachèvement du marché intérieur par leuro ; le progrès social (avec l« Agenda social ») et écologique (avec la « stratégie de développement durable ») ; la police et la justice (au sein du pilier « justice affaires intérieures ») ; la diplomatie et la défense (avec la « politique extérieure de sécurité et de défense »). Dès lors, la question de la finalité de la construction européenne est à nouveau posée : lUnion doit-elle renouer avec la vision politique de long terme des « pères fondateurs », qui voyaient dans les « réalisations concrètes » la « première étape de la fédération européenne » ? Ou bien doit-elle poursuivre dans la voie quelle a ouverte en se limitant à proposer un cadre pour une coopération toujours renforcée entre des Etats indépendants ?
1. LEurope politique est légitime parce que les Européens ont un modèle de société en commun.
1.1. LEurope politique nest légitime que si elle est lexpression dun peuple européen porteur dune identité, de valeurs collectives, dun modèle de société : elle nest pas une fin en soi.
1.2. Ce modèle de société européen existe. Il senracine dans lhistoire du continent européen, qui a connu des périodes dunité impériale (la civilisation grecque, lempire romain, Charlemagne, Charles Quint, Napoléon) et culturelle (la chrétienté médiévale, la République des Lettres). Il trouve aussi sa source dans la violence des divisions de lEurope, et notamment dans lhorreur de la Seconde guerre mondiale qui a conduit la civilisation européenne au bord de lanéantissement : le refus de pareilles déchirures a nourri sa quête inlassable dunité. Le modèle européen sest approfondi avec la construction communautaire, qui a permis de nouer des « solidarités de fait » de plus en plus étroites.
1.3. Quelle est la substance de ce modèle de société européen ? Le modèle européen traduit la volonté de fonder un monde de justice reposant sur lirréductibilité de la dignité humaine. Comme tel, il est constitué de quatre composantes.
(i) Linviolabilité des droits de lhomme. Si les droits de lhomme sont communs à de nombreuses sociétés, leur inviolabilité est la marque de lEurope : en témoignent le bannissement de la peine de mort, la suppression des tribunaux dexception, linterdiction de la commercialisation du corps humain, lextension des libertés publiques constitutionnelles.
(ii) La culture comme moyen démancipation. Renvoyant au modèle humaniste de lhonnête homme, la culture est avant tout conçue en Europe comme un instrument de développement de la personne humaine, et non comme le support dune activité marchande.
(iii) Un modèle de développement durable, caractérisé par un équilibre particulier entre prospérité économique, justice sociale et protection de lenvironnement. Limportance attachée à la justice sociale (« les droits de lhomme pauvre ») est propre à lEurope : le développement de lEtat-providence, lintensité de la redistribution fiscale sont des spécificités européennes. Les prélèvements obligatoires atteignent ainsi en moyenne 42% du PIB en Europe, variant selon les Etats membres entre 38% et 53% ; ils natteignent que 28% aux Etats-Unis et au Japon, soit dix points de moins que dans lEtat européen le moins redistributeur. Lattention particulière portée à lécologie est également propre à lEurope : elle est lendroit du monde où ces questions revêtent la plus grande importance. Les positions diplomatiques prises lors des négociations de Kyoto en sont le témoignage.
(iv) Une vision de lordre international fondée sur le multilatéralisme. Le modèle européen défend la dignité de tous les êtres humains, et non celle des seuls Européens. Cest à travers la promotion du multilatéralisme que lEurope propose sur la scène internationale le modèle de justice quelle a développé en son sein ; la vision de lordre international qui en est le reflet se caractérise par le refus des rapports de puissance au profit du droit, la priorité accordée au règlement pacifique des différends par la négociation et larbitrage, enfin par la solidarité avec les pays pauvres.
(ii) La culture comme moyen démancipation. Renvoyant au modèle humaniste de lhonnête homme, la culture est avant tout conçue en Europe comme un instrument de développement de la personne humaine, et non comme le support dune activité marchande.
(iii) Un modèle de développement durable, caractérisé par un équilibre particulier entre prospérité économique, justice sociale et protection de lenvironnement. Limportance attachée à la justice sociale (« les droits de lhomme pauvre ») est propre à lEurope : le développement de lEtat-providence, lintensité de la redistribution fiscale sont des spécificités européennes. Les prélèvements obligatoires atteignent ainsi en moyenne 42% du PIB en Europe, variant selon les Etats membres entre 38% et 53% ; ils natteignent que 28% aux Etats-Unis et au Japon, soit dix points de moins que dans lEtat européen le moins redistributeur. Lattention particulière portée à lécologie est également propre à lEurope : elle est lendroit du monde où ces questions revêtent la plus grande importance. Les positions diplomatiques prises lors des négociations de Kyoto en sont le témoignage.
(iv) Une vision de lordre international fondée sur le multilatéralisme. Le modèle européen défend la dignité de tous les êtres humains, et non celle des seuls Européens. Cest à travers la promotion du multilatéralisme que lEurope propose sur la scène internationale le modèle de justice quelle a développé en son sein ; la vision de lordre international qui en est le reflet se caractérise par le refus des rapports de puissance au profit du droit, la priorité accordée au règlement pacifique des différends par la négociation et larbitrage, enfin par la solidarité avec les pays pauvres.
1.4. Une Europe politique pour porter le modèle européen est légitime. Légitime, parce que ce modèle est spécifique à lEurope. Il serait certes ridicule de penser que la notion de dignité humaine, et les valeurs qui en découlent, sont exclusivement européennes. Mais sa formulation son caractère irréductible est sans équivalent ailleurs. Légitime, aussi, parce que les Européens sont fiers de leur modèle : dans lEurope à Quinze comme dans les nouveaux Etats membres, tous les sondages montrent que les Européens sont attachés au modèle européen. Légitime, enfin, parce que le modèle européen est porteur davenir. Il nest pas le symbole dune « vieille Europe » dépassée par les succès des Etats-Unis, le dynamisme de la Chine, lémergence de lInde. Le monde de justice européen est au contraire un universalisme qui se veut la préfiguration du monde de demain, la promesse dun nouveau « nouveau monde » : un monde qui a abandonné la raison dEtat au bénéfice de la primauté des droits de lhomme, un monde qui délaisse la croissance productiviste pour rechercher la voie dun développement durable, un monde qui renonce aux relations de puissance pour la paix et le droit.
2. Légitime, lEurope politique est aussi nécessaire pour défendre le modèle européen, menacé de disparition.
2.1. La pérennité du modèle européen nest pas assurée, car il traverse une crise profonde. Le moteur du modèle, la croissance, est en panne : lUnion est, avec la Russie, la zone du monde où la croissance est la plus faible. Les inégalités produites par le marché saccroissent ; lEtat-providence est de moins en moins capable de les corriger, à la fois en raison de ses difficultés de financement et parce quil est accusé de miner la compétitivité économique européenne. La protection de lenvironnement est également menacée face à laccroissement de son coût. Le multilatéralisme que promeut lEurope sefface devant le retour des politiques de puissance. La culture européenne elle-même vacille : loin de progresser, les valeurs européennes sont parfois en recul, et les valeurs démocratiques - érodées par labstention, le vote aux extrêmes et la dégradation de limage des responsables politiques sont celles qui souffrent le plus.
2.2. La crise du modèle européen est avant tout endogène : le modèle est miné de lintérieur. Cinq causes se conjuguent pour expliquer cette crise.
(i) Linadaptation aux mutations économiques. Le déficit de croissance en Europe a dabord une origine microéconomique. Contrairement aux Etats-Unis, les pays européens nont pas achevé leur transition dune stratégie dimitation à une stratégie dinnovation : ils ne sont pas entrés dans léconomie de la connaissance. Ce déficit a également une origine macroéconomique : les politiques budgétaires et monétaire ne sont pas mobilisées pleinement au service de la croissance.
(ii) Labsence de réponse face aux attentes sociales nouvelles. Les Européens ne veulent plus seulement être protégés en cas déchec, ils veulent que la collectivité publique leur donne les moyens de réussir : à la demande de compensation financière pour corriger les inégalités ce que fait lEtat-providence sest ajoutée lexigence dune véritable égalité des chances, permettant despérer une égalité de destin.
(iii) Le défi mal maîtrisé du vieillissement démographique. LEurope est, avec le Japon, la zone la plus fortement atteinte par le vieillissement de sa population. De ce fait, son dynamisme économique fléchit et, surtout, sa protection sociale est soumise à des contraintes croissantes de financement. Or les pays européens en ont mal tenu compte dans la définition de leurs politiques publiques.
(iv) La difficulté à prendre la pleine mesure des enjeux écologiques. LEurope est sans doute le territoire où les questions environnementales sont le mieux prises en compte, mais ces efforts restent très insuffisants. Ils demeurent ponctuels et visent à traiter un dommage particulier, alors que cest une approche densemble qui est requise. Ils sont curatifs et sattachent à la correction des dérèglements, alors que cest leur prévention qui est nécessaire. Nous sommes engagés dans un « entonnoir » écologique : la situation environnementale se dégrade de manière continue, lefficacité des politiques environnementales samenuise, le point de non-retour se rapproche.
(v) La défiance démocratique. Lérosion des valeurs démocratiques en Europe sexplique par trois facteurs : lexclusion des citoyens les plus défavorisés, avec la montée dune démocratie censitaire de fait ; le désintérêt des citoyens les plus éduqués, qui ne se satisfont plus dune démocratie représentative considérée comme un mode assez fruste dexpression politique ; la désillusion de tous face à lincapacité des démocraties européennes à trouver des solutions à la crise actuelle.
(ii) Labsence de réponse face aux attentes sociales nouvelles. Les Européens ne veulent plus seulement être protégés en cas déchec, ils veulent que la collectivité publique leur donne les moyens de réussir : à la demande de compensation financière pour corriger les inégalités ce que fait lEtat-providence sest ajoutée lexigence dune véritable égalité des chances, permettant despérer une égalité de destin.
(iii) Le défi mal maîtrisé du vieillissement démographique. LEurope est, avec le Japon, la zone la plus fortement atteinte par le vieillissement de sa population. De ce fait, son dynamisme économique fléchit et, surtout, sa protection sociale est soumise à des contraintes croissantes de financement. Or les pays européens en ont mal tenu compte dans la définition de leurs politiques publiques.
(iv) La difficulté à prendre la pleine mesure des enjeux écologiques. LEurope est sans doute le territoire où les questions environnementales sont le mieux prises en compte, mais ces efforts restent très insuffisants. Ils demeurent ponctuels et visent à traiter un dommage particulier, alors que cest une approche densemble qui est requise. Ils sont curatifs et sattachent à la correction des dérèglements, alors que cest leur prévention qui est nécessaire. Nous sommes engagés dans un « entonnoir » écologique : la situation environnementale se dégrade de manière continue, lefficacité des politiques environnementales samenuise, le point de non-retour se rapproche.
(v) La défiance démocratique. Lérosion des valeurs démocratiques en Europe sexplique par trois facteurs : lexclusion des citoyens les plus défavorisés, avec la montée dune démocratie censitaire de fait ; le désintérêt des citoyens les plus éduqués, qui ne se satisfont plus dune démocratie représentative considérée comme un mode assez fruste dexpression politique ; la désillusion de tous face à lincapacité des démocraties européennes à trouver des solutions à la crise actuelle.
2.3. Le modèle européen est également menacé de lextérieur :
(i) Le risque de dilution dans la mondialisation. La mondialisation des flux économiques pose un problème aigu au modèle de développement européen : quand la régulation qui le caractérise salaires minimaux, protection sociale, normes environnementales devient trop lourde, les flux économiques fuient lEurope. Pour attirer les investissements, les pays européens sont tentés de se lancer dans une compétition fiscale et sociale qui peut les conduire, à terme, à renoncer au modèle européen pour un modèle plus libéral. Cette compétition a parfois pris la tournure alarmante dun dumping fiscal et social, avec le développement de « paradis fiscaux » pour multinationales au sein des pays européens eux-mêmes (régime des centres de coordination belges, des holdings financières aux Pays Bas
).
(ii) Le risque dimpuissance dans le contexte de laprès-11 septembre. La vision multilatéraliste « kantienne » des Européens se heurte à la réalité « hobbesienne » de lordre international : irruption du terrorisme international, persistance de régimes non démocratiques dans le monde en développement, logique de puissance défendue par certains des principaux acteurs de la scène internationale avec plus dâpreté encore depuis la tragédie du 11 septembre 2001. Tel est le paradoxe de lEurope : elle ne peut renoncer à la puissance si elle veut imposer le droit.
(ii) Le risque dimpuissance dans le contexte de laprès-11 septembre. La vision multilatéraliste « kantienne » des Européens se heurte à la réalité « hobbesienne » de lordre international : irruption du terrorisme international, persistance de régimes non démocratiques dans le monde en développement, logique de puissance défendue par certains des principaux acteurs de la scène internationale avec plus dâpreté encore depuis la tragédie du 11 septembre 2001. Tel est le paradoxe de lEurope : elle ne peut renoncer à la puissance si elle veut imposer le droit.
2.4. Faute dincarnation politique par lUnion européenne, le modèle européen est mal défendu. LUnion ne dispose pas des compétences politiques nécessaires pour porter un tel modèle. Ses compétences se limitent pour lessentiel à léconomie : il y a une Europe économique, mais pas dEurope politique. Hors le champ économique, les objectifs politiques assignés à lEurope se sont certes multipliés (politiques sociales et environnementales, diplomatie et défense, police et justice), mais les compétences liées à ces objectifs nont pas été confiées à lUnion européenne : lAgenda social, la stratégie de développement durable, le pilier JAI, la PESD représentent à ce jour des coopérations intergouvernementales reposant entre les mains des Etats, non des compétences communautaires. Même dans le champ économique, les nouveaux objectifs confiés à lUnion nont pas été assortis des compétences juridiques et financières nécessaires : le pilotage économique de la zone euro nest pas assuré faute dune autorité budgétaire européenne ; le passage à une stratégie dinnovation initié à Lisbonne reste un vu pieu faute dinstruments pour mettre cette stratégie en uvre.
Aussi loctroi de nouvelles compétences politiques relevant de la « méthode communautaire » est-il aujourdhui nécessaire pour permettre à lUnion dincarner le modèle européen. Or le transfert de telles compétences nest pas envisageable aujourdhui parce que les peuples, jugeant la légitimité politique de lUnion insuffisante, ny consentiraient pas. Il y a bien eu un début de politisation des institutions européennes : renforcement de la responsabilité politique de la Commission, montée en puissance du Parlement européen pour en faire un organe législatif de plein exercice, création du Conseil européen. Mais laporie fondatrice demeure : si la Commission détient lessentiel du pouvoir exécutif européen, elle nest pas le gouvernement politique de lUnion. Il nest pas possible daller plus loin dans la voie de compétences nouvelles sans combler ce déficit démocratique : comment imaginer, par exemple, laffirmation dune défense européenne en labsence dune pleine responsabilité politique de lUnion ?
3. Tel doit être le nouveau « mythe » pour lUnion : construire lEurope politique.
3.1. Construire lEurope politique, cest avant tout donner à lUnion un projet politique : faire vivre le modèle des Européens, construire un monde de justice. Le projet de Constitution européenne ne rien dit dautre dans son article 3 : « Le but de lUnion est de promouvoir [
] ses valeurs ».
En endossant ce projet, lUnion européenne a vocation à redonner une dynamique vertueuse au modèle européen en crise. Pour y parvenir, le rapport propose de changer de paradigme et de compléter la logique actuelle de réparation par une logique nouvelle dopportunités. Le modèle de justice européen a jusquici été fondé sur la réparation : il laisse les libertés individuelles sexprimer pour produire de la richesse et corrige a posteriori les excès ou les effets pervers secrétés par ces libertés. LEtat-providence cherche ainsi à atténuer les inégalités engendrées par le marché, les politiques environnementales à réparer les dégradations écologiques provoquées par lactivité humaine, laide publique au développement à compenser le retard économique du Sud
Ce modèle de la réparation atteint aujourdhui ses limites : contraintes de financement, demandes sociales nouvelles dégalité de destin, irréversibilité croissante des dégâts écologiques, nécessité démancipation du Sud. Cest pourquoi le modèle de justice européen ne doit plus simplement corriger les effets pervers engendrés par la société, mais empêcher quils napparaissent : il doit attaquer ces différents maux à la racine, prévenir avant de guérir, sintéresser aux opportunités autant quaux protections.
Le rapport avance les orientations suivantes pour construire ce nouveau modèle de justice fondé sur les opportunités :
(i) LEurope des opportunités économiques : retrouver le chemin de la croissance. Il sagit avant tout de permettre la mise en uvre de la stratégie de Lisbonne en lui donnant des « dents » : investir dans la recherche, investir dans lenseignement supérieur, dynamiser le marché intérieur. Lidée principale est daccroître massivement leffort budgétaire consacré aux dépenses davenir. Il sagit aussi de doter lUnion dune politique industrielle active. La dernière clé pour retrouver la croissance consiste en la réforme du cadre macroéconomique de lUnion par la création dune autorité budgétaire autour de lEurogroupe et lamendement des règles du pacte de stabilité.
(ii) LEurope des opportunités environnementales : sortir de « lentonnoir » écologique. Pour être soutenable, le modèle européen doit intégrer un « principe de prévention écologique » qui comprend trois dimensions : ne pas accroître la concentration dans la nature des matières extraites du sous-sol ; ne pas accumuler dans la nature les composés issus de la production humaine ; lutter contre la dégradation physique systématique des écosystèmes. Un « programme de convergence écologique » mettra en uvre ces principes. Il sera porté par un Conseil « développement durable » à la disposition duquel seront mis les instruments financiers (un fonds de convergence écologique) et juridiques (sanctions, lois-cadres) nécessaires.
(iii) LEurope des opportunités sociales : promouvoir une réelle égalité des chances. Afin que le « capital » de départ soit le même pour tous, la collectivité doit fournir plus de capital public à ceux qui ont moins de capital naturel. Le rapport propose plusieurs pistes en ce sens : « investir dans les bébés » à travers un fonds de soutien européen finançant la généralisation des crèches et des services publics de la petite enfance dans lUnion ; investir dans les zones urbaines défavorisées en renforçant le programme « Urban » ; mettre en place des politiques de « vieillissement actif » pour lutter contre la croissance de lexclusion par lâge.
(iv) LEurope des protections : bâtir des filets de sécurité pour les Européens. Même si elle doit être complétée, la réparation demeure au cur du modèle européen : lEurope sociale doit donc aussi être protectrice. Dabord pour des raisons symboliques : la répartition des tâches est telle aujourdhui que le modèle européen semble porté par les Etats, qui ont bâti lEtat-providence, et contrecarré par lUnion, qui promeut la compétitivité économique. Une mesure symbolique telle que la création dun revenu minimum européen contribuerait à atténuer la perception négative de laction de lUnion en matière sociale. Ensuite parce que lUnion est à même de participer à la couverture des nouveaux risques, ce quillustrent plusieurs propositions du rapport : notamment, la sécurité sociale professionnelle pourrait devenir le premier droit social européen. Enfin, si la solidarité entre les citoyens est dabord assurée par les Etats, cest à lUnion quil revient de mettre en uvre la solidarité entre les Etats en matière de convergence économique, de réaction aux chocs asymétriques et de soutien face aux catastrophes naturelles.
(v) LEurope dans le monde : exporter le modèle de justice dans lordre international. LUnion a vocation à faire vivre son modèle sur la scène internationale, ce par lexploration de plusieurs axes : lEurope puissance au service de la défense des organisations multilatérales ; le co-développement, afin que laide publique du Nord devienne un moteur du développement économique du Sud ; la définition et la mise en uvre dune politique commune dimmigration.
(vi) Le fédéralisme budgétaire. LEurope politique a un coût : elle ne pourra se déployer avec des moyens budgétaires inchangés et inférieurs à 1% du PIB européen. Le budget communautaire a vocation à croître progressivement et à dépasser le plafond de ressources propres (1,24% du PIB européen) qui doit être supprimé. Ce surcroît de ressources proviendra dabord de transferts en provenance des Etats membres. Mais il reposera aussi sur la création du premier impôt européen : un impôt additionnel à limpôt sur les sociétés peut constituer une bonne solution parce que son adoption sinscrirait dans la logique dachèvement du marché intérieur.
(ii) LEurope des opportunités environnementales : sortir de « lentonnoir » écologique. Pour être soutenable, le modèle européen doit intégrer un « principe de prévention écologique » qui comprend trois dimensions : ne pas accroître la concentration dans la nature des matières extraites du sous-sol ; ne pas accumuler dans la nature les composés issus de la production humaine ; lutter contre la dégradation physique systématique des écosystèmes. Un « programme de convergence écologique » mettra en uvre ces principes. Il sera porté par un Conseil « développement durable » à la disposition duquel seront mis les instruments financiers (un fonds de convergence écologique) et juridiques (sanctions, lois-cadres) nécessaires.
(iii) LEurope des opportunités sociales : promouvoir une réelle égalité des chances. Afin que le « capital » de départ soit le même pour tous, la collectivité doit fournir plus de capital public à ceux qui ont moins de capital naturel. Le rapport propose plusieurs pistes en ce sens : « investir dans les bébés » à travers un fonds de soutien européen finançant la généralisation des crèches et des services publics de la petite enfance dans lUnion ; investir dans les zones urbaines défavorisées en renforçant le programme « Urban » ; mettre en place des politiques de « vieillissement actif » pour lutter contre la croissance de lexclusion par lâge.
(iv) LEurope des protections : bâtir des filets de sécurité pour les Européens. Même si elle doit être complétée, la réparation demeure au cur du modèle européen : lEurope sociale doit donc aussi être protectrice. Dabord pour des raisons symboliques : la répartition des tâches est telle aujourdhui que le modèle européen semble porté par les Etats, qui ont bâti lEtat-providence, et contrecarré par lUnion, qui promeut la compétitivité économique. Une mesure symbolique telle que la création dun revenu minimum européen contribuerait à atténuer la perception négative de laction de lUnion en matière sociale. Ensuite parce que lUnion est à même de participer à la couverture des nouveaux risques, ce quillustrent plusieurs propositions du rapport : notamment, la sécurité sociale professionnelle pourrait devenir le premier droit social européen. Enfin, si la solidarité entre les citoyens est dabord assurée par les Etats, cest à lUnion quil revient de mettre en uvre la solidarité entre les Etats en matière de convergence économique, de réaction aux chocs asymétriques et de soutien face aux catastrophes naturelles.
(v) LEurope dans le monde : exporter le modèle de justice dans lordre international. LUnion a vocation à faire vivre son modèle sur la scène internationale, ce par lexploration de plusieurs axes : lEurope puissance au service de la défense des organisations multilatérales ; le co-développement, afin que laide publique du Nord devienne un moteur du développement économique du Sud ; la définition et la mise en uvre dune politique commune dimmigration.
(vi) Le fédéralisme budgétaire. LEurope politique a un coût : elle ne pourra se déployer avec des moyens budgétaires inchangés et inférieurs à 1% du PIB européen. Le budget communautaire a vocation à croître progressivement et à dépasser le plafond de ressources propres (1,24% du PIB européen) qui doit être supprimé. Ce surcroît de ressources proviendra dabord de transferts en provenance des Etats membres. Mais il reposera aussi sur la création du premier impôt européen : un impôt additionnel à limpôt sur les sociétés peut constituer une bonne solution parce que son adoption sinscrirait dans la logique dachèvement du marché intérieur.
Europe économique, Europe environnementale, Europe sociale, politique extérieure : les compétences de lUnion étaient jusquà présent sectorielles, le rapport propose quelles deviennent générales. Pour que cette généralisation nentraîne pas la disparition progressive des compétences nationales, il faut procéder à une définition nouvelle de la subsidiarité. Il est suggéré de la faire reposer sur trois principes : le principe de compétences de mission ; le principe dantériorité historique ; le principe defficacité.
3.2. Construire lEurope politique, cest aussi doter lUnion dun bras politique. Pour pouvoir porter un projet politique général, lUnion doit se voir conférer une pleine légitimité politique. Trois dimensions sont en jeu :
(i) Créer des institutions pleinement politiques. Tel est lobjet du projet de traité constitutionnel dont la négociation est en cours dans le cadre de la conférence intergouvernementale. Mais les institutions politiques ny sont quembryonnaires : ce projet est le point de départ de lEurope politique, et non son point darrivée. Les modalités de révision du traité constitutionnel qui seront retenues présentent donc une importance particulière.
(ii) Développer une vie publique européenne. Les institutions politiques ne suffisent pas à faire vivre une démocratie : elles doivent sinsérer dans un espace public où sexpriment les choix politiques. Le rapport fait en ce sens des propositions destinées à développer les médias européens, renforcer la démocratie représentative et promouvoir la démocratie participative.
(iii) Faire émerger le sentiment dappartenance à lUnion. Il ny a pas de démocratie sans demos, sans peuple européen. Ce peuple existe : il a un modèle de société en partage. Mais il ne le sait pas toujours. Le rapport propose trois orientations pour favoriser lémergence dune conscience européenne : elles ont trait à la mobilité des populations, à léducation et à la culture.
(ii) Développer une vie publique européenne. Les institutions politiques ne suffisent pas à faire vivre une démocratie : elles doivent sinsérer dans un espace public où sexpriment les choix politiques. Le rapport fait en ce sens des propositions destinées à développer les médias européens, renforcer la démocratie représentative et promouvoir la démocratie participative.
(iii) Faire émerger le sentiment dappartenance à lUnion. Il ny a pas de démocratie sans demos, sans peuple européen. Ce peuple existe : il a un modèle de société en partage. Mais il ne le sait pas toujours. Le rapport propose trois orientations pour favoriser lémergence dune conscience européenne : elles ont trait à la mobilité des populations, à léducation et à la culture.
3.3. Construire lEurope politique, cest enfin donner un territoire politique à lUnion. Quelles frontières pour lEurope ? Il est moins utile pour y répondre de se tourner vers le passé que vers lavenir. La question nest pas de savoir où les frontières successives de lEurope ont été tracées par le passé elles ont dailleurs été très mouvantes - mais de sinterroger sur la place que lUnion pourrait tenir dans le monde dans quelques décennies. De vastes zones dinfluence sont en cours de formation et définissent léquilibre mondial qui prévaudra demain : le pôle américain, la Chine, lInde. Pour que lEurope y ait sa place, elle doit étendre sa zone dinfluence et renouer avec le berceau de sa civilisation, la Méditerranée. Dans cette perspective, la Turquie a vocation à adhérer à lUnion.
Mais la question de lorganisation de lUnion est aussi posée. Tous les Etats membres ne pourront pas, ou ne voudront pas, avancer au même rythme vers lUnion politique ; la création dun ensemble politique plus intégré peut alors apparaître comme une solution adéquate. A linverse, la création dun ensemble moins intégré mais bénéficiant de solidarités réelles économiques, financières, sociales de la part de lUnion permettrait darrimer une vaste zone à la sphère dinfluence de lUnion.
En conclusion, ce « mythe » pour lEurope de demain ne se réalisera pas en un jour, il se déploiera sur vingt ans au moins. Pour y parvenir, il est nécessaire de tracer un chemin vers lEurope politique. La première étape doit être celle de ladoption du traité constitutionnel. La deuxième passe par les perspectives financières, qui doivent être loccasion de réorienter les politiques de lUnion vers son modèle de société et de faire monter en puissance son budget. Puis le fonctionnement de lUnion sous la première Constitution européenne, à partir de 2007, permettra dapprofondir les politiques menées. Il mettra toutefois rapidement en lumière les difficultés à faire vivre pleinement le modèle européen. De là découlera une nouvelle étape constitutionnelle avec, au bout, lachèvement de lEurope politique.
SYNTHESE
50 PROPOSITIONS POUR CONSTRUIRE LEUROPE POLITIQUE
Orientation I : investir dans la connaissance, en mettant laccent sur la recherche et lenseignement supérieur
Proposition 1 : faire de la recherche la priorité budgétaire de lUnion. La part des dépenses budgétaires consacrées à la recherche publique représenterait dabord 0,25% du PIB communautaire, puis augmenterait progressivement pour que la recherche devienne la première politique de lUnion.
Proposition 2 : créer une agence européenne pour la science et la recherche (AESR).
Proposition 3 : inciter au développement de la recherche privée en fixant par une directive européenne un crédit dimpôt minimum pour les investissements des entreprises en R&D.
Proposition 4 : investir dans lenseignement supérieur par la constitution dun réseau de centres universitaires européens dexcellence et par la fixation dun objectif de 50% de la population européenne diplômée de lenseignement supérieur. Consacrer 0,15% du PIB communautaire à cette action.
Orientation II : développer une politique industrielle européenne
Proposition 5 : faire évoluer le droit communautaire de la concurrence pour permettre la constitution dacteurs européens ayant la taille critique sur le marché mondial.
Proposition 6 : bannir juridiquement les régimes fiscaux déloyaux en Europe.
Orientation III : dynamiser le marché unique
Proposition 7 : faciliter lentrée des nouvelles entreprises au sein du marché unique. La réalisation de cet objectif passe par une réorientation des politiques de régulation des marchés et de la politique de la concurrence.
Proposition 8 : construire au sein de lUnion européenne un marché du travail unique. Lunification de ce marché reposerait sur trois piliers principaux : un programme dassistance à la mobilité intra-européenne, financé sur fonds communautaires ; léquivalence généralisée des diplômes et des qualifications dans lUnion ; la « transférabilité » des droits sociaux (retraite, santé, chômage) à lintérieur du marché unique.
Proposition 9 : développer les infrastructures de transports européennes, en y consacrant une part significative du budget de lUnion.
Orientation IV : réformer le cadre macroéconomique de lUnion
Proposition 10 : réformer les règles du pacte de stabilité en tirant les leçons de son échec et confier sa mise en uvre à la Commission.
Proposition 11 : institutionnaliser lEurogroupe et lui conférer des compétences étendues en matière de gestion économique de la zone euro. LEurogroupe deviendrait ainsi le ministre des finances collégial de la zone euro.
Orientation V : intégrer un « principe de prévention écologique » dans le modèle européen
Orientation VI : doter lUnion dune politique communautaire de lenvironnement
Proposition 12 : élaborer un « programme de convergence écologique » européen. Ce programme daction global reposerait sur un modèle novateur de planification stratégique préventive.
Proposition 13 : installer un Conseil « développement durable », chargé de mettre en uvre le programme de convergence écologique sur la base dun calendrier et dinstruments définis.
Proposition 14 : créer, dans le cadre des fonds structurels, un fonds de convergence écologique pour co-financer les investissements régionaux et locaux nécessaires à la mise en conformité des installations et équipements aux standards environnementaux.
Proposition 15 : introduire, par une directive européenne, des critères écologiques dans les conditions dattribution des marchés publics de lUnion et des Etats membres.
Orientation VII : mettre en uvre une politique sociale européenne visant à assurer légalité réelle des chances pour favoriser légalité des destins
Proposition 16 : élaborer un plan daction pour légalité réelle des chances dans lUnion et définir les indicateurs permettant den suivre la mise en uvre.
Proposition 17 : investir dans la petite enfance à travers un fonds de soutien européen.
Proposition 18 : faire du traitement des zones urbaines défavorisées un axe important de la politique structurelle de lUnion, en renforçant le programme « Urban ».
Proposition 19 : élaborer un plan daction pour des politiques actives de gestion du vieillissement démographique, dans la logique des travaux de lOMS sur lactive ageing.
Orientation VIII : créer une protection sociale pour les citoyens européens
Proposition 20 : introduire le principe dun revenu minimum européen dont le niveau serait calculé dans chaque Etat membre en fonction du revenu moyen de cet Etat.
Proposition 21 : créer un fonds européen de soutien aux salariés victimes des restructurations.
Proposition 21 : faire de la sécurisation des parcours professionnels le premier droit social européen.
Orientation IX : renforcer la solidarité entre les Etats européens
Proposition 22 : développer la politique structurelle de lUnion et la réorienter afin de favoriser la convergence des nouveaux adhérents.
Proposition 23 : renforcer le fonds européen de soutien aux Etats ou régions victimes de catastrophes naturelles.
Proposition 24 : créer une sécurité civile européenne.
Orientation X : développer lEurope-puissance au service du multilatéralisme
Proposition 25 : entamer un rapprochement progressif des représentations diplomatiques européennes, en commençant par lunification de la représentation extérieure de la zone euro dans les institutions financières internationales.
Proposition 26 : accélérer la construction de lEurope de la défense pour garantir lefficacité de lEurope comme softpower.
Orientation XI : développer une véritable politique européenne de co-développement
Proposition 27 : lancer une nouvelle initiative euro-méditerranéenne pour le co-développement.
Proposition 28 : prendre linitiative dun fonds mondial pour la santé.
Proposition 29 : prendre linitiative dun fonds mondial pour leau.
Proposition 30 : amener laide publique européenne au développement au niveau du standard OCDE, soit 0,7% du PIB, par la montée en puissance de son volet communautaire.
Orientation XII : créer une politique commune de limmigration
Proposition 31 : faire de la gestion de limmigration une compétence de lUnion. La politique dimmigration européenne reposerait sur trois piliers : (i) lorganisation dune immigration légale sur la base dun système de quotas ; (ii) laide au développement par lencouragement à des projets dimmigration temporaire ; (iii) la lutte contre limmigration illégale à travers linstallation dune police des frontières européenne.
Orientation XIII : progresser vers le fédéralisme budgétaire
Proposition 32 : supprimer le plafond de ressources propres et accroître progressivement le budget communautaire.
Proposition 33 : créer le premier impôt européen, qui pourrait prendre la forme dune taxe additionnelle à limpôt sur les sociétés.
Orientation XIV : redéfinir les principes de la subsidiarité
Orientation XV : donner mandat au prochain Parlement européen de préparer une nouvelle étape constitutionnelle
Orientation XVI : contribuer à faire vivre un espace démocratique européen
Proposition 34 : créer un média audiovisuel public à vocation européenne.
Proposition 35 : placer le choix du Président de la Commission et de ses commissaires au cur des élections européennes
Proposition 36 : accroître la dimension européenne des élections européennes : en réservant une fraction des sièges du Parlement (par exemple 20%) à des parlementaires élus sur des listes pan-européennes ; et en procédant à une proclamation européenne unifiée des résultats du scrutin.
Proposition 36 : accroître la dimension européenne des élections européennes : en réservant une fraction des sièges du Parlement (par exemple 20%) à des parlementaires élus sur des listes pan-européennes ; et en procédant à une proclamation européenne unifiée des résultats du scrutin.
Proposition 37 : organiser la vie politique des partis européens (congrès, motions, vote des militants, sections locales
).
Proposition 38 : donner un rôle aux partis politiques européens dans la sélection des candidats aux élections européennes.
Proposition 39 : organiser des consultations à travers lEurope sur les grands enjeux européens.
Proposition 40 : déployer sur tout le territoire de lUnion des représentants locaux de la Commission, responsables devant les citoyens de la mise en uvre des politiques européennes dans leur circonscription.
Proposition 41 : créer un observatoire européen de la démocratie.
Orientation XVII : renforcer le sentiment dappartenance à lUnion
Proposition 42 : introduire dans les cursus universitaires lobligation daccomplir au moins une année détude dans lUnion hors du pays dorigine.
Proposition 43 : favoriser la mobilité entre les fonctions publiques nationales.
Proposition 44 : lancer le débat sur loctroi du droit de vote aux citoyens de lUnion pour les élections législatives de leur pays de résidence.
Proposition 45 : créer un enseignement de lhistoire européenne dans les écoles.
Proposition 46 : soutenir le projet de Musée de lEurope.
Proposition 47 : compléter léducation civique nationale dispensée à lécole par une sensibilisation aux valeurs européennes et la présentation des institutions de lUnion.
Proposition 48 : instaurer lenseignement obligatoire dune deuxième langue européenne dès lécole primaire.
Proposition 49 : accroître significativement leffort budgétaire consacré par lUnion européenne à la culture, en priorité sous forme de soutiens financiers à la production duvres européennes.
Orientation XVIII : définir les territoires de lUnion européenne
Proposition 50 : inscrire le territoire de lUnion dans des ensembles concentriques : un ensemble plus intégré politiquement, ouvert à tous ; un ensemble proche de lUnion européenne actuelle, ayant vocation à sélargir ; un ensemble affilié plus large réunissant les pays pouvant avoir vocation à ladhésion autour dune solidarité économique, financière et sociale.





Commentaires