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Samedi 5 février 2005
 
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Par Jean-François
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Mercredi 9 février 2005

J’entends trop souvent que la gauche (on pensant aux socialistes) se positionne contre les patrons, contre l’esprit d’entreprise… Voilà une réponse d’une fervente socialiste qui me convient et illustre ma pensée :

 

« … le service public même modernisé ne doit pas obéir aux règles du marketing : ses usagers ne sont pas au sens strict des « clients ». Sinon qu’est ce qui les distinguerait des entreprises privées ? Ils doivent assumer un rôle de péréquation qui assure à toute une égalité de traitement, et les bénéficiaires du service public veulent être dans une relation de confiance qui leur garantit que leurs besoins sont pleinement pris en compte. C’est la différence avec le marché qui est fondé sur un compromis d’intérêts, entre celui du consommateur et celui de l’entreprise.

 

Mon idéal n’est pas idéaliste. Je suis socialiste, parce que je me considère comptable des droits et des libertés de chacun : je pars du principe que ma propre liberté est en jeu. […] Pour moi entreprendre est une valeur éminente, mais je n’oublie pas que si certains en ont les moyens, d’autres ne les ont pas. C’est là que je me sépare du libéralisme. La recherche du progrès individuel n’est justifiable que s’il est coextensif au progrès collectif. C’est en cela que je me situe à gauche. Je n’ai jamais eu le complexe de la méfiance, si souvent imputé aux socialistes, à l’égard de ceux qui entreprennent pour produire de la richesse, au contraire, mais à la condition que cette richesse trouve son utilité collective. Je veux parler de la redistribution, de l’attention aux besoins de toute la population, mais aussi de la nécessité de conserver à la puissance publique son autonomie de décision et sa capacité d’action. »

 

Extrait du livre de Catherine Trautmann intitulé Sans détour aux éditions du Seuil (2002)

Par JF T.
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Dimanche 13 février 2005
Traditionnellement, la grève est définie comme une cessation concertée du travail par des salariés, dans le but de défendre des revendications de nature professionnelle.
 
Jusqu'au XIXesiècle, non seulement la grève était interdite mais elle constituait en outre un délit pénalement sanctionné. Ce n'est que le 25 mai 1864 qu'une loi mit fin à cette pénalisation de la grève, sans toutefois lui donner sa pleine portée. En effet, selon cette loi, la grève constituait toujours une rupture du contrat de travail, et pouvait justifier un licenciement du salarié gréviste. Pourtant, malgré les risques encourus par les salariés, la grève a joué tout au long de la Troisième République un rôle majeur dans la vie politique et sociale (exemple : grève générale avec occupations d'usines en 1936, après la victoire du Front populaire).
 
Henri Cueco, La grève
 
Ce n'est qu'à la Libération que le droit de grève est pleinement consacré. Il est inscrit dans le préambule de la Constitution du 28 octobre 1946 : « Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ». Contrairement à ce que semblait annoncer ce texte, le législateur n'est pas intervenu pour encadrer le droit de grève, mais seulement pour l'interdire à certaines catégories de personnels. C'est le cas des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) par une loi de 1947, des personnels de police (loi de 1948) et des magistrats en vertu d'une ordonnance de 1958.
 
Sous la Cinquième République, le droit de grève est totalement reconnu (le préambule de la Constitution de 1958 fait référence au préambule du texte constitutionnel de 1946). Cependant, le législateur est intervenu en 1963 pour encadrer quelque peu ce droit. Sont ainsi interdites les grèves « tournantes », qui visent à paralyser l'action d'une entreprise. De même, dans la fonction publique, un syndicat souhaitant organiser une grève est contraint de déposer un préavis cinq jours au moins avant la cessation du travail. Par ailleurs, un service minimum a été mis en place dans certains secteurs.
 
Partiellement acquis en 1864, le droit de grève demeure aujourd'hui l'un des droits fondamentaux les plus controversés. Plusieurs raisons peuvent expliquer une telle situation. On note ainsi que l'exercice du droit de grève a souvent des répercussions sur une partie de la population étrangère au conflit justifiant l'emploi de ce mode de pression (par exemple, lors des grèves dans les transports publics). De plus, la grève est l'expression d'un rapport de forces. Elle vise à faire céder l'employeur - qui peut être une entreprise privée ou l'Etat - en lui faisant subir un manque-à-gagner économique ou un préjudice en lien avec sa mission (ainsi, s'agissant de l'Etat, l'interruption de la continuité du service public au détriment des usagers de ce service).
 
La grève demeure un rapport de forces qu'il est très difficile de canaliser juridiquement.
 
Toutefois, ces dernières années, le nombre de jours de grève a eu tendance à diminuer. Sans même parler des pics de jours de grève (plus de 150 millions de journées de travail perdues en 1968), la conflictualité sociale a perdu de sa vivacité, principalement en raison d'un chômage massif (peur de perdre son emploi, coût financier d'une grève...). Aujourd'hui, le débat porte plutôt sur une limitation du droit de grève, par l'instauration, dans le secteur public, d'un service public minimum généralisé.
Par Jean-François
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Dimanche 20 février 2005
Entre violation de dossiers confidentiels et rumeurs de trafic, la valise diplomatique fait la part belle aux fantasmes. Chronique d’un système postal original qui reste aujourd’hui encore très tabou.
 
Chaque État, chaque organisation internationale, possède une valise diplomatique attitrée. Aussi usuel soit cet instrument de pouvoir, il reste pourtant emprunt d’un voile de mystère rarement soulevé si ce n’est par bribes… et sous couvert d'anonymat. “La valise diplomatique n’est autre qu’un système d’acheminement un peu particulier du courrier et des documents dont ont besoin les missions diplomatiques à l’étranger”, explique un représentant du Quai d’Orsay. Car la valise diplomatique ne tient pas plus du bagage que de l’accessoire de trafic. C’est un réel outil de travail des pouvoirs publics, qui a perdu de sa signification politique avec le temps.

La valise tient son titre de la tradition : “Chaque pays à son appellation que personne n’a jamais songé à changer – comme le courrier de la Reine en Grande-Bretagne”, souligne le diplomate. “C’est une sorte d’appellation de marque.” Dans les faits, la valise diplomatique porte bien mal son nom. Comme le décrit Alain Plantey dans son ouvrage Principes de diplomatie, “il s’agit plutôt de sacs postaux, de petits coffres fermés par des combinaisons voire de véhicules entiers à condition qu’une marque extérieure et visible établisse leur caractère”.

Des courriers de cabinet à la valise
 
Si “elle ne s’est pas toujours appelée « valise diplomatique »”, elle “a toujours existé, car elle fait partie des besoins inhérents aux États”, explique le même représentant du Quai. Son aïeul, les “courriers de cabinet”, occupait déjà cette fonction en permettant d’acheminer “la dépêche de l’ambassadeur”. Autre constante, la violation des correspondances diplomatiques était et reste une infraction au droit international.

Car ouvrir la valise diplomatique peut revenir à violer des documents confidentiels. D’où l’utilité d’une régulation. D’abord coutumier, puis consacré par la convention de Vienne de 1961, le droit des transmissions diplomatiques, est précis : la valise diplomatique est inviolable et ne peut être ouverte par aucune autorité douanière. Un privilège au centre de toutes les controverses, car “rien n’empêche qu’on y glisse des choses illicites”, souligne Yves Daudet, professeur de droit international à la Sorbonne. La balance des intérêts des États n’est donc pas chose aisée : “Chacun en est arrivé à proposer sa solution. La Grande-Bretagne demande l’ouverture de la valise en présence de quelqu’un de l’ambassade concernée. Si l’ouverture est refusée, l’État d’accueil peut demander le retour de la valise. D’autres ont opté pour des procédés plus techniques, comme passer la valise au rayon X.”
C’est en partie cette réputation sulfureuse qui lie les langues quand on désire parler de la valise diplomatique. Éviter de nourrir le mythe populaire semble être le mot d’ordre et les témoignages sont difficiles à recueillir. Pour Michel Dechen, chef du groupe de la valise diplomatique des Nations unies, cette réaction est tout à fait compréhensible et n’a rien d’une spécificité française : “La confidentialité et la sécurité doivent toujours prévaloir, car la valise a un statut bien spécifique, inscrite dans des traités unilatéraux et multilatéraux. Cela peut expliquer bien des réticences.”

Ce secret explique tous les fantasmes autour de la valise diplomatique, qui reste avant tout un instrument de travail. En période de conflit comme en temps de paix, elle a permis de surmonter les interdits et blocages de certains régimes. “En 1870-71, certains courriers ont pu sortir de Paris assiégé par les Prussiens uniquement grâce à la valise diplomatique américaine”, explique François Guilbaud, président du cercle de philatélie Les amis de Marianne. Un phénomène qui s’est perpétué avec les années, la valise devenant parfois un instrument de première nécessité, comme en atteste un ancien diplomate : “Durant la Guerre froide, la valise était très importante dans les pays du bloc communiste, car elle permettait d’acheminer des médicaments qu’on ne trouvait pas en URSS.”

Instrument de confort ?
 
Mais l’avènement de nouvelles technologies, a privé la valise diplomatique de son intérêt. “Le secret politique qu’il y avait autour du courrier diplomatique n’est plus le même aujourd’hui. Avec le télégramme codé, le téléphone couvert et les rencontres de plus en plus fréquentes entre les chefs d’État, les décisions réellement importantes ne passent plus par la valise diplomatique. Elle n’est plus un réel moyen de communication politico-diplomatique”, explique cet ancien du Quai.
En réalité, la valise diplomatique est plutôt devenue un outil de confort pour les personnes qui en bénéficient. Pierre-Louis Blanc, ancien directeur de l’ENA et diplomate, l’illustre dans son autobiographie* : “Les valises diplomatiques qui partent de Tokyo contiennent les spécialités – alimentaires – rares qu’expédie notre consul général à Tokyo […] et quelques fourmes de fromages fabriquées dans l’Hokkaïdo par un couvent de bonnes sœurs françaises.” De là à parler d’utilisation personnelle de la valise diplomatique, le raccourci serait trop rapide, comme le rappelle le représentant du ministère des Affaires étrangères : “Tout usage privé est totalement interdit. La valise doit uniquement servir à l’envoi de choses servant à la bonne marche du poste et les denrées alimentaires le sont rarement.”

Reste que certains postes sont réputés, dans le milieu diplomatique, pour leur utilisation pour le moins détournée de la valise diplomatique : “La valise a toujours été utilisée par le personnel pour « importer » des bouteilles d’alcool dans les pays arabes où leur consommation est interdite. Jusqu’au moment où les autorités locales s’en sont aperçues et ont commencé à faire tomber les bouteilles de quatre ou cinq mètres de haut, au moment du déchargement pour qu’elles n’arrivent pas à bon port”, s’amuse l’ancien diplomate. À croire que le mystère de la valise diplomatique n'impressionne plus vraiment.
 
Par Jean-François T.
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Mercredi 23 février 2005
La tension retombe, l'euphorie de la péninsule rose fait encore vibrer les bloggeurs mais l'heure est désormais à l'analyse. Comment les socialistes ont-ils mené leur campagne pro-européenne ?
 
Déviation théorique ?
Il semblerait que la campagne référendaire a dévié vers un "oui" ou "non" à l'Union européenne elle-même. M. Zapatero et son Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ont en effet fait campagne pour le "oui" sous le slogan "Il s'agit de l'Europe". Déviation identique de l'enjeu opérée par l'opposition conservatrice: "Oui à l'Europe" proclame le slogan de son chef, Mariano Rajoy, président du Parti populaire (PP).
Basée sur le dogme de l'impossibilité supposée d'une alternative à l'actuel projet constitutionnel, cette déviation tactique de l'objet du référendum sera probablement copiée par d'autres pays. Qu'en sera-t-il pour la France ?
 
L'argument de la paix
L'Europe gage présumé de solution pacifique des conflits et du respect des droits des l'homme, par opposition à l'interventionnisme guerrier américain, fut un argument développé dans la campagne référendaire espagnole par M. Zapatero.
L'Europe a besoin d'une Constitution pour mieux défendre un monde multipolaire et ne plus se limiter à apporter à l'OTAN des forces à la disposition des Etats-Unis faisait parti des arguments de M. Zapatero.
 
Des idées à la pratique
Ainsi à partir d'un traité qui fait parlé de lui par sa densité, sa complexité, sa distance par rapport aux préoccupations des européens, la campagne référendaire espagnole s'est constituée autour de pôle communs et généraux : l'idée d'union, de liberté, de démocratie et de paix. La campagne pour le OUI serait-elle donc enclavée, résignée à rendre le débat accessible et plus large qu'il n'y paraît ? Ne serait-il pas plutôt le moment d'éclaircir le fonctionnement des institutions européennes dont l'utilité et le travail restent des points sombres pour beaucoup d'européens, même convaincus ?
 
La victoire du oui par la cohésion sociale
Le projet de constitution vise à donner plus de force à l'union, cette force doit être à mon sens également celle du sentiment d'appartenance, de la cohésion sociale. La campagne doit être celle de la clarification des institutions, de la transparence des fonctionnements, de l'accessibilité aux évolutions directement liées au développement européen. Que doit-on à l'Europe ? Et que peut-elle encore nous apporter ? Concrètement voilà ce qu'attendent les gens autour de moi.
L'Europe reste lointaine pour beaucoup, rendons la accessible et faisons naître un vrai sentiment d'union démocratique ! Une campagne sur la paix et l’impasse dans le cas de victoire du non est certainement valable, mais pas la plus honnête.
 
Concrètement...
Une campagne claire, cohérente et qui rend plus que jamais l'Europe accessible à ceux qui la font, les peuples. Très concrètement, on organise avec les élus locaux des réunions publiques où l'on explique clairement les rouages de l'union européenne. Quel est le pouvoir de la Comission Européenne ? Que fait un député européen ? Le Parlement Européen, ça sert à quoi ? Allons à la rencontre des citoyens,allons expliquer, éclairer, faire remarquer l'importance de l'union, ces oeuvres et ces chantiers...
Par Jean-François T.
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